Wednesday, January 20, 2010

Go tell the world


Je me suis promenée dans Paris une bonne partie de la journée aujourd'hui. Sous la pluie certes, mais c'était bien, inhabituel même. Cela faisait longtemps. Pour la première fois depuis peut être des années, j'ai redécouvert le Paris que j'aimais quand j'avais 17 ans et que je voulais étudier à la Sorbonne et nul part ailleurs. C'est étrange parfois comme les lieux sont connotés, comme y revenir s'apparente à voir resurgir des souvenirs anciens, presque oubliés, des personnes aussi...
Cet après midi, j'ai tour à tour croisé la Rose stressée et perdue qui pleurait à chaudes larmes après sa première semaine de prépa dans un prestigieux lycée parisien, la Rose de 20 ans qui découvrait émerveillée et sans trop vraiment y croire son nom sur une liste de 30 personnes, estampillée Sorbonne et qui souriait en redescendant le Boulevard Saint Michel à ne plus pouvoir s'arrêter, la Rose qui allait à son cours de science politique le samedi matin plus heureuse que jamais, la Rose aux parents séparés qui fuyait en Allemagne sur un coup de tête, la Rose le coeur encore plus gros qui en rentrait. Dans ce quartier, il n'y a pas un lieu, pas un coin de rue, pas un café qui ne m'évoquent pas un souvenir, une rencontre, une rigolade, une confidence, quelques pleurs aussi. Il y a la boulangerie des mardi midi avec mon amie C. Il y a cette bibliothèque magique où le mot étudier prend tout son sens. Il y a les promenades le long de la seine en face à face avec moi même. Il y a cette déclaration d'amour dans le jardin du Luxembourg dont je ne savais que faire. Il y a le Columbus Café des exposés d'éco et ce japonais immonde où j'ai failli partir sans payer. Il y a cette fête de la Musique où j'avais le coeur brisé. Il y a cette main prise maladroitement par J. et nos rendez-vous place de la Sorbonne. 
Certains lieux sont comme des aimants, ils nous attirent encore et toujours, peut être justement parce qu'ils sont remplis de fantômes. Les murs ont des oreilles et ils m'ont murmuré bien des choses cet après midi. Notamment de faire la paix avec mes fantômes...

11 mots doux:

  1. Oh j'aime beaucoup cet assemblage de souvenirs, ils me font pensé à ceux que je peux avoir lorsque j'arpente les rues de Toulouse, chaque fois que j'y retourne.
    En tout cas, j'ai l'impression de visiter le quartier latin en noir et blanc, comme une vieille carte postale que l'on ressort les mains tremblantes et les yeux embués de nostalgies.

    J'espère que tu as réussi à faire la paix avec tes fantômes

    Bises

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  2. Ce petit pèlerinage a du te faire le plus grand bien !
    C'est normal que des rues, des endroits nous rappellent plein de souvenirs, à nous de ne garder que les bons ou alors de se souvenir des mauvais sans tristesse ou amertume ...
    Paris est truffé de souvenirs pour moi, c'est une des grandes raisons pour lesquelles je ne me verrai (presque) jamais quitter cette ville ! :)
    Gros bisous ma belle

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  3. Je crois que le quartier latin est mon endroit le plus chargé de souvenirs à moi aussi. C'est à peu près l'endroit de Paris où j'aurais passé le plus de temps... Beaucoup de souvenirs communs *bizarrement*. gros bisous (à peine entamé Arlington Park, mais ça va me plaire je le sens !) Thanks.

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  4. Un sentiment que je connais bien. Il me semble avoir des souvenirs reliés à chaque endroit de Paris, et selon mon humeur, ils ressortent...
    Je me souviens d'une rupture amoureuse très douloureuse et d'une visite d'une expo de Doisneau avec une amie pour me changer les idées: j'en suis sortie encore plus troublée, car chaque photo de Paris prise par Doisneau me rappelait un moment passé-là avec l'Amoureux !!
    Grosse bise ma belle

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  5. Je crois que nous avons tous un quartier, une ville, voie un pays qui nous transporte loin dans nos souvenirs.
    Et grâce à ton article, je crois que je vais me livrer à ce petit plaisir. Merci.

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  6. Paris a un talent particulier pour cela. En chaque endroit un souvenir relié. Et ce quartier. Mon quartier. Mon point de repère dans Paris. Même après être déménagé dans le 13e à la limite de la butte aux cailles, endroit que j'adore, je revenais toujours à mon point de départ à Paris. St-Michel a été pour moi le premier vrai grand coup de coeur que j'ai eu pour Paris. J'y ai ensuite habité pour une année magique où moi aussi j'allais suivre des cours de Science politique à la Sorbonne pour ma maîtrise. Une année absolument magique. Dans une ville bien au-delà du réel. Mais tu connais déjà tout mon amour pour Paris.
    Bisous ma Rose chérie
    (I promess I'll write back a proper message soon, i feel so bad not having found the time just yet)

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  7. J'aime beaucoup cette note mélancolique mais pleine de douceurs, beauté, reconnaissance, évolution... Bisous!

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  8. L'avantage de ce type de post, quand on ne connait pas bien la personne, c'est que justement, cela permet de mieux comprendre son histoire, son passé, et les raisons qui font qu'elle est comme ça, maintenant !

    Je pense que ma madeleine de Proust à moi, c'est tout simplement le Parc Monceau, car j'y ai passé beaucoup de temps enfant, ado et étudiante...

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  9. Je trouve que c'est beau d'être aussi attachée émotionnellement à un lieu qui nous rappelle notre histoire ... :)
    C'est un peu de nous qu'on retrouve au détour des rues, comme tu dis, et si ça peut permettre de tourner une page ou de se sentir plus sereine par rapport à un passé chaotique, alors là c'est encore mieux ! ;)

    Faire la paix avec tes fantômes, c'est possible. Je suis sûre que tu peux le faire. Tu en es capable !

    Mille bisous <3
    Je crois que c'est pour cette raison que je suis si heureuse et sereine quand je retourne chez mes parents ... Toutes les fêtes de famille qui s'y sont déroulées, mon adolescence que j'ai passé là-bas dans la nature, les bons moments dans ce jardin ou entre ces murs que je garde ancré en moi, les fêtes pour mes 18 et mes 20 ans, ça n'a pas de prix, ça ...

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  10. Oh bah mon commentaire est tout mélangé, en vrac ! Désolée ! :/

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  11. @Lili Isleene : j'aime beaucoup ta comparaison avec la carte postale, c'est exactement ça :) Je n'ai jamais été à Toulouse mais j'aimerais beaucoup. Ca devait être vraiment chouette d'étudier là bas en tous cas...
    @Poleen : oui "pèlerinage", c'est exactement le terme ! :) Je suis très attachée aux souvenirs que j'ai à Paris également mais je sais que ce ne sont pas eux qui m'empêcheront de partir. Après on est tous différent et l'important, c'est de trouver un endroit sur cette terre où on se sente bien, avec ou sans souvenirs :) Gros bisous !
    @Mona : je me doutais que cet article te ferait réagir... :) Tant mieux pour le livre ;)
    @ByPm : je te savais très attachée à Paris... En tous cas, ça devait être très dur moralement cette exposition... :( Grosses bises !
    @Mathilde : bienvenue ici et merci pour ton commentaire. Oui certains lieux équivalent à ouvrir la boite de pandore quelque part !
    @Petite Fleur : j'ai pensé à toi lors de cette promenade, je sais à quel point tu aimes ce quartier... Don't worry about your answer. Take all the time you need ! Take care, sweetie !
    @July : merci beaucoup, il était évident pour moi d'en parler. Grosses bises !
    @Elizabeth : oui c'est vrai que c'est une note assez personnelle, je crois que mon blog l'est d'une manière générale. Et maintenant, je saurai que le parc Monceau a pour toi une signification particulière ;)
    @Zou : oui certains souvenirs sont à conserver précieusement, ce sont eux qui nous aident à avancer, je pense ;) Gros gros bisous ma Zou !!

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